Pionnier de l’hydrogène naturel dans le monde, Aliou Diallo voit grand pour le transport ferroviaire sur le continent africain. Il prévoit la construction et la mise en circulation d’un train à hydrogène dans les prochaines années. L’entrepreneur a réitéré cette ambition au cours d’une opération du nouveau gouvernement malien, début mars.

Jusqu’ici perçue comme une belle idée théorique, la mobilité ferroviaire à hydrogène commence à prendre forme dans le monde entier. En France, le plan hydrogène, annoncé par le gouvernement en septembre 2020 l’intègre parmi ses objectifs. Il vise à promouvoir l’usage du train, alors que le ferroviaire est le mode de transport le plus vertueux en France. Mais son verdissement doit se poursuivre dans le cadre de la transition énergétique.

C’est pourquoi, les régions s’activent. La Bourgogne-Franche-Comté a annoncé cette semaine son intention d’acheter trois trains régionaux à hydrogène au constructeur Alstom. Elle prévoit les premières circulations à titre d’expérimentation en 2023, et le démarrage des trajets commerciaux en 2024. En Allemagne, deux trains à hydrogène sont déjà en circulation depuis 2018. La première économie européenne a aussi présenté, en juin dernier, un plan pour devenir numéro Un de l’hydrogène vert.

L’hydrogène naturel exploité en Afrique

Ailleurs dans le monde, le train à hydrogène fait également l’objet de plusieurs projections. Au Mali, un entrepreneur du nom d’Aliou Boubacar Diallo y travaille depuis quelques années. Ce pays fait aujourd’hui partie de l’un des plus avancés au monde dans l’exploitation de cette ressource. Mais, là-bas, il s’agit de l’hydrogène naturel qui est totalement propre, contrairement à l’hydrogène (vert) responsable du gaspillage d’énormes quantités d’eau. La production de l’hydrogène naturel n’émet aucun gaz à effet de serre : il n’en sort que de l’eau. De plus, elle est moins chère.

Un pipeline pour approvisionner l’Europe

Hydroma, la compagnie d’exploration et d’exploitation de gaz naturel créée par Aliou Diallo, transforme avec succès l’hydrogènenaturel en électricité verte depuis 2012, près du village de Bourakébougou (Mali). Cette année, elle a annoncé qu’elle lancera bientôt la production à grande échelle. Pour exporter sa future production, la société planche sur la construction d’un pipeline de plusieurs milliers de kilomètres.

« Nous avons programmé de faire un pipeline pour transporter l’hydrogène naturel du Mali au Sénégal, à la Mauritanie, au Maroc, jusqu’à la porte de l’Europe. Donc ça fait 4700 kilomètres. Ce n’est pas un rêve, c’est une réalisation tout à fait faisable », a récemment indiqué Aliou Diallo.

« Une ère futuriste qui ferait du Mali la locomotive de la transition énergétique en Afrique »

L’entrepreneur malien n’a surtout pas abandonné son rêve ultime, celui de construire et mettre en circulation un train à hydrogène au Mali. Il est revenu sur cet ambitieux projet lors du lancement de plusieurs activités à Kayes (Ouest) par le premier ministre Moctar Ouane.

Le chef du gouvernement malien a promis relancer rapidement l’activité ferroviaire dans la Cité des Rails. Aliou Diallo a profité de cette annonce pour remettre sur la table son projet. « J’ai réitéré ma disponibilité à contribuer à la mise en route de trains à Hydrogène qui pourraient révolutionner le secteur du transport et permettre au Mali d’être le premier pays africain à avoir des trains à Hydrogène. Cela ouvrirait une ère futuriste qui ferait du Mali la locomotive de la transition énergétique en Afrique », a déclaré le PDG d’Hydroma.

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